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L’église Ste Marie Madeleine est la plus ancienne de nos trois églises, celle qui contient le plus riche patrimoine.

Si l’on regarde de plus près le mobilier qui s’y trouve, on s’aperçoit que l’ensemble ne forme pas un ensemble homogène mais est une suite d’ajouts qui se sont faits au fil du temps. Beaucoup de choses ont disparu vers la fin des années 50 et ce dans le but « d’aérer » l’église qui semble-t-il était un peu trop surchargée (boiseries du 18ème notamment).

On ne trouve que peu de traces du mobilier d’avant l’actuelle église .Ce sont avant tout des dalles que l’on peut voir sur le côté gauche le long du clocher, dalles funéraires du 16ème siècle et dalles de fondation de messes du début 17ème siècle et le très beau vitrail situé sur la droite au dessus du Baptistère.

C’est dans la seconde moitié du 17ème et au 18ème siècle que l’église a vu son décor s’enrichir. Gennevilliers était alors un lieu de villégiature (si, si !) pour la bourgeoisie fortunée de Paris et pour une certaine aristocratie soucieuse de s’écarter de Versailles comme le duc de Richelieu. Il ne faut pas oublier que Gennevilliers après avoir longtemps appartenue à la très riche abbaye royale de St Denis jusqu’au 17ème, était une des possessions des Dames de St Cyr tout aussi richement dotées. Ces « braves gens » surent se montrer généreux tant au moment de la construction de l’église qu’au moment de sa décoration. Un des témoignages de cette générosité se trouve sur l’autel de St Sébastien, c’est un devant d’autel brodé du 17ème (la tradition veut qu’il fut offert par Anne d’Autriche, rien n’est moins sûr !)

La fortune personnelle des prêtres notamment Mr de Cuperly curé de Gennevilliers de 1712 à 1762 fut pour beaucoup pour cet enrichissement du mobilier, sans oublier les paroissiens eux-mêmes par leurs deniers ou par leur sueur !

A la fin du 18ème jusqu’au début du 19ème Siècle, notre paroisse eut pour curé l’abbé Chapillon .Ce curé semble avoir eu beaucoup de caractère, à la fois pour tenir tête à ses paroissiens et à son conseil de Fabrique, pour traverser la période révolutionnaire sans encombres et continuer son ministère jusqu’en 1813. Mais grâce à lui nous pouvons encore admirer cette belle Piéta de Mignard situé au dessus du tabernacle là où se trouvait autrefois le maître autel. Trouvant qu’il manquait quelque chose à son église celui-ci fit appel à la générosité de l’un de ses paroissiens, son excellence Mr de Portalis ministre des cultes de l’empereur Napoléon qui possédait une maison à Gennevilliers. Celui-ci fit présent de ce grand tableau de Mignard qui se trouvait au château de St Cloud. C’est bien connu on est bien plus généreux avec ce qui ne vous appartient pas !

Ce tableau, Pierre Mignard, l’exécuta en 1682 à la demande du duc d’Orléans frère de Louis XIV pour la chapelle du château de St Cloud. On peut remercier Mr de Portalis et l’abbé Chapillon car le château de St Cloud brûla en 1870 et sans eux ce chef-d’œuvre aurait disparu.

L’abbé Chapillon s’empressa de remercier le généreux donateur et lui fit remarquer que les deux autels latéraux paraissaient bien vides maintenant. Toujours aussi généreux, Mr de Portalis chargea Mr Vivant Denon directeur du musée Napoléon (l’actuel musée du Louvre) de trouver deux tableaux pour l’église de Gennevilliers. Celui ci simplement demanda au conservateur du château de Versailles de lui trouver deux tableaux. Les choses étaient simples en ce temps là ! Ces deux tableaux, propriétés de l’état ne sont hélas plus dans l’église.

Des tableaux qui actuellement sont situés au dessus des autels latéraux nous ne savons que peu de choses. L’un d’entre eux représente St Vincent patron des vignerons, vignerons nombreux à Gennevilliers jusqu’au 20ème siècle.

Le vitrail le plus ancien est situé au dessus des fonds baptismaux, il date du 17ème siècle. Il représente St Nicolas, Ste Marie Madeleine et les deux donateurs agenouillés.

Les autres vitraux datent du début 20ème. On ne connaît rien actuellement des vitraux antérieurs. Y sont représentés, la Vierge Marie et Ste Marie-Madeleine et plusieurs saints. Le choix de ces saints ne correspond pas aux saints patrons des donateurs dont les noms sont inscrits au bas de chaque vitrail.

Certains diront qu’avec ses vitraux, ses tableaux, ses bannières et ses statues, elle ressemble fort à un musée. Ceux qui pensent cela, oublient que chaque semaine plusieurs centaines de croyants viennent y vivre leur foi, ils le font au milieu de ces tableaux, de ces vitraux, de ces bannières et de ces statues. Ces objets, avant d’être des objets d’art religieux, sont des témoignages de la foi de ceux qui nous ont précédés. On peut bien sûr regretter le manque d’humilité de certains généreux donateurs dont les noms ou les images sont bien en évidence, on peut trouver désuets ces objets témoins d’un temps où l’Eglise aimait parader, mais on ne peut ignorer que ces témoignages sont le fait d’hommes et de femmes qui, avant nous, ont essayés de vivre leur foi aussi imparfaitement que nous. Cela fait partie de notre héritage et nous ne pouvons pas le renier.