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Si la paroisse voit le jour en 1302, le village de Gennevilliers, lui, est plus ancien. Les premières traces écrites connues de l'existence de Gennevilliers remontent à 875 (peu après les invasions des normands qui assiègent Paris et St.Denis). Le roi Charles le chauve (petit-fils de Charlemagne) donne à l'abbaye de St Denis toutes les localités de la presqu'île dont Gennevilliers. Aucune fouille archéologique n'ayant été faite sur la commune on ne sait rien du peuplement de l'époque.

Les premières informations sur la population de ce village que nous ayons, remontent à 1248 date à laquelle l'Abbé de St Denis affranchis les serfs des villages relevant de l'abbaye. Ceci ne veut pas dire que tous les gennevillois étaient des serfs. Cet affranchissement ne fut pas gratuit, il se fit contre monnaie sonnante et trébuchante. Ce qui prouve au moins une chose, c'est qu'ils eurent le moyen de payer !

En 1328, le roi fait faire un dénombrement de sa population. De ce document on peut déduire une approximation du nombre d'habitants de Gennevilliers : entre 700 et 900 habitants (*). Ce chiffre ne fera que décroître jusqu'au milieu du 17éme siècle. En effet, les gennevillois vont subir pendant toute cette période une longue liste de vicissitudes. Cela débute par la grande peste qui arrive en région parisienne en 1348 et qui y reviendra régulièrement jusqu'en 1440.

A peu près au même moment, en 1346 le roi d'Angleterre Edouard III et son fils le prince noir ravagent la Normandie et poussent jusqu'à St Germain en Laye. Ses éclaireurs se répandent dans la presqu'île de Gennevilliers qu'ils saccagent et incendient. De 1407 à 1465, les Armagnacs et les bourguignons vont rendre visite à la presqu'île, visite qui n'était pas de courtoisie ! Accompagnés de bretons, de gascons et d'allemands.

On pourrait croire que tant de malheurs suffisaient : hélas non ! Un autre péril vint de la Seine. Depuis toujours la Seine fit souffrir la presqu'île et ses habitants par ses crues souvent violentes. La première mentionnée l'est en 583. Sur la période de 1407 à 1465 il y en a 8 de recensées. Jusqu'en 1915, la Seine se rappela funestement aux gennevillois tous les 50 ans environ. Sans parler des autres épidémies et des disettes nombreuses (onze sur la période 1407-1439) !

 (*) "La population de la région parisienne au 14éme Siècle" d'après G. Fourquin.


Quelle était la vie des habitants de Gennevilliers pendant le Moyen Age ? Nous n'en avons que peu de traces. Celles-ci apparaissent essentiellement dans les archives de l'abbaye de Saint Denis dont dépendait Gennevilliers. On n'y trouve pas de renseignement sur la vie quotidienne car ce sont des contrats de location des terres appartenant à l'abbaye. Ces contrats sont appelés des aveux et dénombrements, la terre louée ainsi s'appelle un fief. On y trouve aussi des censiers, c'est à dire des registres où sont consignés les cens (une sorte de fermage) payés par les paysans de Gennevilliers.

Les Gennevillois étaient donc des paysans, cultivant de petites surfaces (de 30 ares à 1 hectare). Ils y faisaient pousser du blé, des plantes fourragères, des légumes (pois, fèves) et de la vigne. On y élevait des moutons et un peu de porcs.

Sur l'habitat aussi les sources locales sont inexistantes. On peut penser que l'habitat gennevillois était constitué comme ailleurs, à la même époque, de maisons basses (sans étage) à toit de chaume.

La seule construction d'importance, à part l'église ou la chapelle, c'est la grange seigneuriale que l'on peut sans trop se tromper situer à l'emplacement du pâté de maisons où se trouve l'ancienne mairie (l'actuelle école d'arts plastiques Edouard Manet). Cette grange que dans les archives on nomme indistinctement, manoir, hôtel, voire "château", le lieu symbolique du pouvoir du seigneur ou de son représentant (ou fermier). C'est un habitat clos de murs (la rue des petites murailles viendrait peut-être de là), à l'intérieur desquels on trouve le logis, une basse cour, un pigeonnier, une grange, des étables, un four et un pressoir. Bien évidement "Ces messieurs les seigneurs de Saint Denis" comme on les appelle dans de nombreux actes n'y vivent pas, la maison seigneuriale est le symbole de leur pouvoir. Ce pouvoir quel est-il ? Pouvoir de justice et de police. Gennevilliers leur appartient et ils exercent sur celle-ci la haute et basse justice comme on l'appelle à l'époque. En effet il n'y avait ni ministère de la Justice, ni police nationale. L'Etat n'existait pas. Le roi était situé en haut d'une pyramide faite de seigneurs et de vassaux dont lui était le seigneur suprême, le dernier recours. Un paysan n'avait pas la possibilité de faire appel à ce recours ultime en cas de conflit avec son seigneur.

Un roi comme Philippe le Bel va commencer à vouloir centraliser mais uniquement dans le sens de renforcer son pouvoir vis à vis des autres grands seigneurs pas pour mettre en place un Etat comme nous le connaissons actuellement. L'exemple des impôts est révélateur de cela. Le roi lève l'impôt, le fait voter par son parlement (pas élu !) et la collecte de l'impôt est effectuée à divers niveau par des officiers, c'est à dire des gens qui ont acheté ou qui louent la fonction de collecteur d'impôts.

Les Gennevillois payent l'impôt royal mais aussi plein de taxes diverses qui bénéficient uniquement aux seigneurs de Saint Denis.


Nous allons quitter la période du Moyen Age pour nous intéresser à celle du 17éme et 18éme siècle. Cette période, d'un point de vue religieux est  importante, elle se situe à la suite des guerres de religion, de la contre Réforme, les droits des protestants seront supprimés et va naître un courant que l'on appelle le jansénisme qui va marquer profondément les catholiques jusqu'à nos jours.

Pour Gennevilliers, cette période, après avoir commencé, va être celle d'une "paix relative», celle de la construction de l'église Ste Marie Madeleine. Nous ne savons rien de l'église précédente sinon qu'elle était placée sous le même vocable de Ste Marie Madeleine.

La construction de la nouvelle église débute en 1650 en pleine période de troubles dus à la Fronde, révolte qui oppose la noblesse à la reine Anne d'Autriche régente, mère de Louis XIV. Ces troubles eurent des répercutions à Gennevilliers. On en trouve trace dans les registres de l'abbaye de St Denis à propos du bail du bac d'Asnières (qui assure la liaison entre Asnières, Gennevilliers et Clichy, à l'époque il n'y a pas de pont). Le locataire du bac de l'époque demande aux abbés de baisser le montant du bail du fait des nombreuses escarmouches qui ont lieu dans le secteur et qui nuisent à la circulation des gens et des biens. Les abbés accéderont à cette requête, preuve que la plainte était fondée. Autre trace visible de cette période sombre ce sera la durée de construction de l'église, celle ci va s'étendre sur 15 ans !

L'avènement de Louis XIV en 1661 va ramener la paix sur la région parisienne et sur Gennevilliers pour un long moment (les lieux des guerres se situeront vers les frontières du pays). Que sait-on de cette période située entre 1661 et 1789 à Gennevilliers ? Peu de choses du fait du manque d'études sérieuses des archives. La vie des gennevillois se trouve en filigrane dans les registres paroissiaux de l'époque. En plus de l'inscription obligatoire des baptêmes, mariages et sépultures, les curés de l'époque inscrivent dans ces registres des détails de la vie sociale, économique et météorologiques de Gennevilliers. On y trouve les dates des vendanges, les phénomènes météorologiques inhabituels (les fortes grêles, les tempêtes et les froids qui gèlent la Seine) et plus sérieusement on y voit comment vivent nos ancêtres. L'impact qu'ont les travaux des champs (moissons, vendanges) sur les pratiques religieuses.

Les mariages sont très peu nombreux en juillet, août et septembre. On y voit qui a le pouvoir économique et politique (ceux qui possèdent les terres en location et qui possèdent les charges de délégation du pouvoir des abbés. On y trouve les traditions religieuses de l'époque, les processions, les bénédictions. Pour exemple, en 1688 le nouveau locataire du bail d'Argenteuil (situé au Petit Gennevilliers à côté de l'actuel SNECMA), demande au curé de venir bénir son bac, et donc, un dimanche toute la paroisse après la messe se rend en procession jusqu'au bac (nos ancêtres étaient de bons marcheurs !) Et sur place il y a bénédiction du bac, de la maison du passeur et de sa famille. Puis la procession repart pour arriver à l'église pour y dire vêpres !

L'impact de la révocation de l'édit de Nantes se fait sentir à Gennevilliers. Il n'y a pas de protestants à Gennevilliers jusqu'à ce qu'une garnison de gardes suisses stationne à Gennevilliers et aux alentours en 1699. L'attrait de l'uniforme étant ce qu'il est, des mariages ont lieu dans la première moitié du 18ème siècle. Hélas le marié suisse est protestant ! Alors on trouve dans les registres des actes d'adjuration par les futurs mariés de leur « hérésie ». On voit déjà qu'à l'époque le problème des mariages mixtes existait !

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